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Auteur(s): Spranzi, Marta
Editeur: Mardaga
Année de Publication: 2018
pages: 240
ISBN: 978-2-8047-0609-8
Comment aborder les conflits de valeurs qui sont omniprésents dans le domaine médical et dans notre société ?
L’approche de la bioéthique consiste à rechercher des normes qui emporteraient l’approbation de tous.
Devant l’évidence d’un pluralisme moral irréductible, Marta Spranzi propose au contraire de partir des situations particulières, dans lesquelles on recherche ce qu’il serait bien de faire : c’est l’approche de l’éthique clinique. Une conception « heuristique » de l’éthique permet de sonder l’expérience morale et les valeurs des personnes concernées par une décision difficile, qu’ils soient patients, proches ou professionnels de santé. Ni consensus ni compromis, la bonne décision est celle qui, dans le contexte, apparaît aux participants comme la plus acceptable. Cette pratique de l’éthique est empirique et démocratique : elle explore le terrain changeant de la décision clinique et donne la parole aux premiers concernés.
Cet ouvrage porte sur les outils de l’éthique clinique et sur ses fondements, les intuitions morales des personnes concernées par une décision critique. Il explore l’importance des cas, la traduction des principes généraux, l’engagement des acteurs, et défend une forme d’intuitionnisme moral critique. Il prend comme exemple les questions de fin de vie et s’appuie sur la discussion de plusieurs cas emblématiques.
Découvrez un ouvrage qui porte sur les outils de l'éthique clinique et ses fondements, les intuitions morales des personnes concernées par une décision critique.
EXTRAIT
Ce cas avait relancé la question de la légalisation de l’euthanasie active : perçue parfois comme une nécessité par les médecins eux-mêmes, et faisant l’objet d’une revendication de la part de certains, elle n’en reste pas moins, pour d’autres, une pratique violant un interdit majeur. Le premier objectif de la loi est donc de permettre au personnel médical de répondre à des demandes comme celle de Vincent Humbert, sans en passer par l’administration de produits létaux ou euthanasie active au sens technique du terme.
Son deuxième objectif est de répondre à une exigence ressentie par les médecins, et notamment par les réanimateurs : distinguer explicitement les gestes de fin de vie passifs (de retrait de soutien vital) des gestes de fin de vie actifs (d’administration directe de produits létaux), qui étaient souvent mêlés dans l